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Denis Diderot, 1713-1784,

philosophe et encyclopédiste français fut avant tout un immense écrivain, romancier, dramaturge, conteur, essayiste, dialoguiste, critique d’art, critique littéraire et traducteur. En un mot, ce fut indiscutablement un libertin, mais au vrai sens du terme de la libre pensée. L’usage qu’il fit de sa zigounette quelqu’extraordinaire qu’il eut été, reste assez secondaire. 

Né à Langres dans une famille de la bourgeoisie, c’est tonsuré et portant le titre et l’habit d’abbé qu’il vient à Paris en 1728 poursuivre ses études religieuses.

 

 

On sait cependant qu’en 1737, l’idée d’une carrière ecclésiastique est loin de lui. 

 

Il se marie en 1743 avec Marie-Antoinette Champion (madame Diderot dans la pièce s’appelle Nanette) malgré la farouche opposition de son père qui l’a même fait un temps, enfermer dans un couvent près de Troyes. Il lui sera toujours fidèle et infidèle, c’est à dire qu’il eut de nombreuses maitresses, mais il ne l’abandonna jamais. De leurs quatre enfants, seule Marie-Angélique (qu’on voit dans la pièce) atteindra l’âge adulte.

 

 

C’est comme traducteur que Diderot débute dans la vie littéraire. il a appris l’anglais dans un dictionnaire latin-anglais, ce qui n’est pas à la portée du premier imbécile venu, et suffisamment à fond pour traduire en 1743 The Grecian History de Temple Stanyan, puis en 1745 An inquiry concerning virtue or merit de Shaftesbury, qu’il faire paraître sous le titre Essai sur le mérite et la vertu augmenté de beaucoup de commentaires personnels. 

 

En 1746 parait son premier écrit personnel : Les Pensées Philosophiques. 

De 1746 à 1748 il travaille à la traduction du Medicinal Dictionnary de Robert James.

 

En 1748 il publie Les Bijoux Indiscrets, conte orientalisant, et se fait connaitre comme mathématicien en publiant Mémoires sur différents sujets de mathématique.

 
Pas de quoi fouetter un chat ! Ou à la rigueur une chatte...

 

 

 

En 1749, sa Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient, lui vaut d’être incarcéré trois mois au château de Vincennes. Il y reçoit la visite de Jean-Jacques Rousseau avec qui il s’est lié d’amitié depuis 1742.

 

En 1750 il travaille avec le compositeur Jean-Philippe Rameau à La Démonstration du Principe de l’Harmonie.

L’encyclopédie (1747-1765)

Au départ, ce devait être un travail de traduction, celle de la Cyclopædia d’Ephraïm Chambers parue en 1728. Mais Diderot prend fait et cause pour l'Encyclopédie qui deviendra l’œuvre de sa vie. Œuvre difficile, austère et, de plus, assez mal reçue du public et dont les presque vingt années d’effort ont été émaillées d’aléas de toutes sortes. 

 

 

 

En 1750 il est nommé à l’académie de Berlin, institution où certains grands esprits français trouvent refuge sous la protection de Frédéric II de Prusse. 

1753, naissance de Marie-Angélique.

En 1755 Sophie Volland devient sa maitresse. C’est en grande partie grâce au volumineux courrier échangé dans le cadre de cette liaison clandestine qui durera jusqu’à sa mort que sont connus les détails de la vie de Diderot. 

En 1757, ses idées divergent de celles de Rousseau. Cette tendance amènera la rupture en 1770 entre les deux hommes. 

 

En 1759 il séjourne à Sucy en Brie chez son ami Paul Henry Thiry, baron d’Holbach, savant et philosophe. 

En 1761, il veut vendre sa bibliothèque pour doter sa fille (qui n’a que 8 ans à l’époque !) C’est Catherine II de Russie (« La Grande Catherine ») qui la lui achète en viager afin qu’il puisse continuer toute sa vie d’en disposer, et qui le nomme bibliothécaire de ses propres livres. 

 

Après l’encyclopédie

En 1769, Diderot devient l’amant de madame de Maux. À cette époque, il négocie l’achat de tableaux pour Catherine II (cf la pièce…)

En 1773-74 il effectue le voyage à Saint-Petersbourg auquel Catherine II l’invitait depuis des années. Il en revient épuisé et affaibli. 

Il décède le 31 juillet 1784, six mois après sa maitresse Sophie Volland. On l’enterre à l’église St Roch.

En 1786 ses œuvres sont expédiées à Saint-Petersbourg où elles sont reçues avec moins d’intérêt que celles de Voltaire. Il s’en est perdu une partie et aucun inventaire n’accompagne l’envoi. 

 

Pendant la révolution, les tombes de St Roch sont profanées et son corps est jeté à la fosse commune.

C'est vraisemblablement à sa modestie et aussi aux agissements de sa propre fille que Diderot doit d'avoir été mal connu de la postérité. Ce travailleur infatigable qui a collaboré à quantité d'ouvrages de ses contemporains minimisait toujours l'importance de sa participation. Le séjour en rpison que lui avait valu la parution de la Lettre aux aveugles... l'avait durablement impressionné, et dissuadé pour longtemps de courir des risques pour lui-même ou pour sa famille. 

Après sa mort, le transfert de ses œuvres à St Pétersbourg se fit dans des conditions telles qu'il s'en perdit en route et il fallut bien longtemps avant qu'on fut en mesure d'en établir un inventaire exact. En fait il en est réapparu tout au long du XIXème siècle.

De plus, des éditions maladroites de certaines de ses oeuvres lui valurent des reproches injustifiés de la postérité, relativement à des violences révolutionnaires qu'il aurait justifiées par anticipation...

En 1826, le tribunal de Paris ordonnait la destruction de Jacques le fataliste et son maître, la Religieuse et les Bijoux Indiscrets, restèrent censuré pendant toute une partie du XIXème siècle. 

Sa propre fille, Marie-Angélique, catholique et conservatrice, empêcha la publication de certaines de ses oeuvres, en censura elle-même d'autres (elle fit gratter les noms dans Ceci n'est pas un conte) pour préserver la mémoire de son père et/ou les intérêts de son mari.  

Anna Dorothea Therbusch

Anna Dorothea Therbusch, née Liszewska le 23 juillet 1721 à Berlin où elle est morte le 9 novembre 1782, est une peintre allemande d’origine polonaise.

Elle fit de Diderot torse nu en  1767 un portrait aujourd'hui perdu dont a été tiré la copie ci-dessus. Diderot en disait : 

« Ses autres portraits sont froids, sans autre mérite que celui de la ressemblance, excepté le mien, qui ressemble, où je suis nu jusqu'à la ceinture, et qui, pour la fierté, les chairs, le faire, est fort au-dessus de Roslin et d'aucun portraitiste de l'Académie. Je l'ai placé vis-à-vis celui de Van Loo, à qui il jouait un mauvais tour. Il était si frappant, que ma fille me disait qu'elle l'aurait baisé cent fois pendant mon absence, si elle n'avait pas craint de le gâter. La poitrine était peinte très-chaudement, avec des passages et des méplats tout à fait vrais »

 

Son portrait par VanLoo 1767

Il en disait : 

« Moi, j’aime Michel, mais j’aime encore mieux la vérité. Assez ressemblant; très vivant ; c’est sa douceur, avec sa vivacité ; mais trop jeune, tête trop petite, joli comme une femme, lorgnant, souriant, mignard, faisant le petit bec, la bouche en cœur ; et puis un luxe de vêtement à ruiner le pauvre littérateur, si le receveur de la capitation vient l’imposer sur sa robe de chambre. L’écritoire, les livres, les accessoires aussi bien qu’il est possible, quand on a voulu la couleur brillante et qu’on veut être harmonieux. Pétillant de près, vigoureux de loin, surtout les chairs. Du reste, de belles mains bien modelées, excepté la gauche qui n’est pas dessinée. On le voit de face; il a la tête nue; son toupet gris, avec sa mignardise, lui donne l’air d’une vieille coquette qui fait encore l’aimable; la position d’un secrétaire d’État et non d’un philosophe. La fausseté du premier mouvement a influé sur tout le reste. C’est cette folle de madame Van Loo qui venait jaser avec lui, tandis qu’on le peignait, qui lui a donné cet air-là et qui a tout gâté. […] Il fallait le laisser seul et l’abandonner à sa rêverie. Alors sa bouche se serait entrouverte, ses regards distraits se seraient portés au loin, le travail de sa tête fortement occupée se serait peint sur son visage, et Michel eût fait une belle chose. Mon joli philosophe, vous me serez un témoignage précieux de l’amitié d’un artiste, excellent artiste, plus excellent homme. Mais que diront mes petits-enfants, lorsqu’ils viendront à comparer mes tristes ouvrages avec ce riant, mignon, efféminé, vieux coquet - là ! Mes enfants, je vous préviens que ce n’est pas moi. J’avais en une journée cent physionomies diverses, selon la chose dont j’étais affecté. J’étais serein, triste, rêveur, tendre, violent, passionné, enthousiaste ; mais je ne fus jamais tel que vous me voyez là. J’avais un grand front, des yeux très vifs, d’assez grands traits, la tête tout à fait du caractère d’un ancien orateur, une bonhomie qui touchait de bien près à la bêtise, à la rusticité des anciens temps. »

 

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